La chanson éponyme
de Black Sabbath
et la genèse du heavy metal
Par Maxime Parrot
Introduction
La formation Black Sabbath
Le groupe Black Sabbath est fondé en 1968 à Birmingham en Angleterre. Ses membres originaux sont le chanteur Ozzy Osbourne, le guitariste Tony Iommi, le bassiste Geezer Butler et le batteur Bill Ward. À ses débuts, le groupe anglais s’est fait connaître sous le nom de Earth et jouait une musique dans le style blues rock. Les membres ont par la suite adopté le nom de Black Sabbath en étant inspirés du film d’horreur du même nom paru en 1963 (McIver 2017, 15). Le changement d’appellation du groupe s’est accompagné de l’adoption de la part des musiciens d’une sonorité plus lourde et abrasive. La carrière de Black Sabbath s’est étalée sur presque cinq décennies et plusieurs acteurs de la musique affirment rétrospectivement que le groupe a exercé une influence fondamentale sur le genre heavy metal. En 2005, le bassiste Alex Webster de Cannibal Corpse soutient que tous les groupes de metal ont une dette musicale envers Black Sabbath (Dunn et al. 2005, 8:12–8:16). En 2016, l’ancien batteur de Lamb of God Chris Adler déclare que tous les musiciens de heavy metal ont été influencés d’une certaine façon par Black Sabbath (Merrien 2016, 9).
La chanson « Black Sabbath »
« Black Sabbath » de Black Sabbath
La pièce « Black Sabbath » de l’album Black Sabbath du groupe Black Sabbath est la première chanson du premier long jeu de la formation anglaise lancé le vendredi 13 février 1970. Inspirée d’un film d’horreur, cette triple référence fait allusion à une assemblée de sorcières où se tient une messe noire. La chanson éponyme a une durée approximative de 6 minutes 17 secondes et débute par une introduction d’effets sonores de glas, de tonnerre et de pluie. Ces effets ont été ajoutés par Rodger Bain et Tom Allom, le producteur et l’ingénieur de son de l’album (Iommi 2012, 65). La pièce ne comprend pas de refrain standard mais possède trois refrains épistrophiques : des sections vocales similaires qui se répètent à la fin des couplets. Ces refrains s’ajoutent aux autres sections de la chanson comme l’introduction instrumentale, les couplets, les transitions, le pont et la coda (voir la figure 1). Une caractéristique notable de « Black Sabbath » est la présence d’un tempo lent lors des premières sections de la pièce. Un tempo de 68 bpm est utilisé du début de la chanson jusqu’au pont. À partir de cette section, un tempo plus rapide de 126 bpm est utilisé jusqu’à la fin.
Un manque de consensus entourant la genèse du heavy metal
La chanson « Black Sabbath » est le plus souvent décrite comme étant la première pièce de heavy metal ou comme ayant eu un impact considérable sur la naissance du genre. Par exemple, dans Heavy metal : 50 groupes de légende, le critique et journaliste Kory Grow soutien que Black Sabbath a inventé le heavy metal avec sa chanson éponyme (Grow 2022, 20). Cette pièce a également été décrite dans le site AllMusic (Torreano 2022) comme représentant le véritable début du genre. Quant à Joel McIver, auteur prolifique sur la musique rock, il décrit cette pièce comme étant la « Sainte-Trinité » du heavy metal (McIver 2017, quatrième de couverture). Malgré l’association faite entre cette chanson et la genèse du heavy metal, peu ou pas d’éléments sont présentés pour démontrer que cette pièce serait la première composition du genre. De même, des articles comme « The 20 Heaviest Songs Before Black Sabbath » (Metal Injection 2016) et « 10 Heaviest Songs Released Before Metal Was a Thing » (Bienstock 2020) soutiennent que des chansons antérieures à « Black Sabbath » présentaient déjà des caractéristiques plus tard associées au genre heavy metal. Enfin, des textes comme « 9 Tracks That Are Considered To Be The First Heavy Metal Song Enver » (Kiryushkin 2019) soulèvent les passions chez les fans lorsque vient le temps de discuter des chansons qui pourraient mériter le titre de première composition du genre.
Une analyse comparative
Ce manque de consensus et d’information entourant la genèse du heavy metal m’a donné envie de répondre à la question suivante : Pour quelles raisons musicales la chanson éponyme de Black Sabbath peut-elle être considérée comme la première pièce de heavy metal? Trouver une réponse à cette question et déterminer une origine au genre aideraient à mieux comprendre ce phénomène musical. Ainsi, j’ai voulu présenter une analyse comparative entre la chanson « Black Sabbath » et 11 pièces lancées auparavant que j’ai appelées « candidates ». Celles-ci ont été décrites dans Bienstock (2020), Kiryushkin (2019) et d’autres écrits soit comme possédant des caractéristiques associées aujourd’hui au genre heavy metal soit comme méritant peut-être le titre de première chanson du genre. Les candidates sont lancées à la fin des années 1960 et au début des années 1970 et proviennent des groupes anglais et américains suivants : The Jimi Hendrix Experience, Cream, Blue Cheer, Steppenwolf, The Crazy World of Arthur Brown, Iron Butterfly, Led Zeppelin, Coven et Mountain. Ces groupes sont souvent décrits dans des encyclopédies grand public en ligne comme Wikipédia et AllMusic comme faisant de la musique dans les genres ou sous-genres hard rock, psychedelic rock, blues rock, acid rock ou occult rock. Les chansons de ces formations ont été retenues comme corpus dans ce travail pour leur qualité abrasive, la sonorité « métallique » de leurs guitares ou le côté sombre de leurs textes.
Cinq caractéristiques clés du genre heavy metal
Pour réaliser mon analyse comparative entre la pièce éponyme de Black Sabbath et les candidates, j’ai identifié à partir d’un ensemble de sources cinq caractéristiques clés associées au genre heavy metal (Tableau 2).
Dans les sections suivantes, avec divers procédés d’analyse, je tenterai de voir si la chanson « Black Sabbath » contient les caractéristiques identifiées. Je me pencherai également sur les pièces parmi les candidates qui contiennent ces éléments de manière marquante. Chaque section de l’article débutera par un tableau résumant l’utilisation ou l’absence des caractéristiques dans les différentes chansons du corpus.
Dans les sections suivantes, avec divers procédés d’analyse, je tenterai de voir si la chanson « Black Sabbath » contient les caractéristiques identifiées. Je me pencherai également sur les pièces parmi les candidates qui contiennent ces éléments de manière marquante. Chaque section de l’article débutera par un tableau résumant l’utilisation ou l’absence des caractéristiques dans les différentes chansons du corpus.
1) Paroles sombres ou occultes
« Black Sabbath » de Black Sabbath
L’inspiration derrière les paroles de la pièce
Un thème occulte et sombre occupe une place centrale dans le texte de la chanson. Selon le mythe entourant la création de la pièce, les paroles auraient été inspirées d’une expérience qui aurait effrayé le bassiste et parolier du groupe nommé Geezer Butler. À un jeune âge, ce dernier aurait lu des écrits portant sur l’occultisme et la magie noire (Chantler et al. 2013, 38). Lorsqu’il a quitté la résidence de ses parents, il aurait peint la chambre de son nouveau domicile en noir et accroché des croix inversées sur les murs (Merrien 2016, 35). Par la suite, le bassiste aurait emmené chez lui un recueil du 16e siècle écrit en latin sur l’occultisme. Au beau milieu d’une nuit, Butler aurait aperçu après s’être réveillé en sursaut d’un cauchemar une silhouette noire possédant des cornes devant son lit. Après cette situation traumatisante, le bassiste aurait renoncé à s’imprégner des sciences occultes et les paroles de la chanson « Black Sabbath » du groupe du même nom seraient un reflet de cette expérience ténébreuse (Merrien 2016, 35).
Description de l’histoire contenue dans la chanson
Dans le premier couplet de la pièce, le protagoniste s’interroge sur la nature de l’apparition d’un être vêtu de noir (figure in black) qui le pointe du doigt. Le protagoniste se dit qu’il devrait commencer à courir car il a été « choisi » par l’entité sombre. Dans le deuxième couplet, il est dévoilé que l’être mystérieux est nul autre que Satan. Le personnage principal le décrit comme possédant le pouvoir de dire aux gens (people) leurs désirs. Le souverain de l’Enfer sourit en regardant des flammes autour de lui devenir de plus en plus hautes. Avec la peur engendrée par l’apparition du démon, le protagoniste implore Dieu de le protéger. Dans le pont de la chanson, le personnage principal demande à l’auditeur (my friend) s’il s’agit de la « fin ». Il ajoute que les gens feraient mieux de se méfier car Satan « arrive ». La chanson se termine de façon dramatique lorsque le personnage principal prononce dans le dernier vers les mots suivants : « Non, non, s’il vous plait, non! », confirmant le côté sombre des paroles.
Personnages humains
- The chosen one (me) : le protagoniste de l’histoire
- The people (they) : les gens en général
- My friend : l’auditeur
Figures religieuses (ange déchu et divinité)
- Satan (figure in black, big black shape, this, he) : le démon souverain de l’Enfer
- God : Dieu dans la tradition judéo-chrétienne
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Couplet 1 (1:24 à 2:14)
What is this that stands before me? Figure in black which points at me Turn 'round quick and start to run Find out I'm the chosen one Refrain épistrophique 1 (2:15 à 2:19) Oh, no! Couplet 2 (3:06 à 3:56) Big black shape with eyes of fire Telling people their desire Satan's sitting there, he’s smiling |
Watches those flames get higher and higher
Refrain épistrophique 2 (3:57 à 4:01) Oh, no, no, please God help me! Pont (4:43 à 5:09) Is it the end, my friend? Satan's coming 'round the bend People running 'cause they’re scared The people better go and beware Refrain épistrophique 3 (5:10 à 5:13) No, no, please, no! (Genius, « Black Sabbath », Black Sabbath) |
« Black Sabbath » de Coven
« Black Sabbath » de Coven
Description de l’histoire contenue dans la chanson
Black Sabbath n’a pas été le premier groupe à lancer une chanson du nom de « Black Sabbath » et à parler de Satan et de thèmes occultes dans l’une de ses compositions (Ludwig 2022). Un an avant la sortie de « Black Sabbath » (1970), les membres de la formation américaine Coven ont utilisé cette entité comme personnage dans leur chanson « Black Sabbath » (1969). Dans le premier couplet de cette dernière, la chanteuse Jinx Dawson raconte que des personnes ont voyagé jusqu’à un endroit lointain pour se rassembler sur une montagne. Chaque participante a une chandelle dans les mains et un masque rappelant la Mort. Dans le refrain, ces personnes sont révélées être de vieilles sorcières (old hags). Elles ont fait bouillir des potions et joignent leur voix dans un chant diabolique. Des groupes de sorcières (covens) se joignent aux participantes du rassemblement qui ont offert de la chair d’enfants sacrifiés à Satan (the prince) pour qu’il la dévore. Dans les deux derniers couplets, la narratrice parle de la pratique occulte de la sorcellerie. Elle affirme que ceux qui condamnent cette pratique seront anéantis et que l’auditeur (ye) sera maudit. Contrairement au texte de la pièce éponyme de Black Sabbath qui nomme Satan par son vrai nom, le texte de la chanson de Coven utilise des surnoms (the prince, person of the goat) pour parler de cette figure maléfique.
Liste des personnages de la chanson « Black Sabbath » de Coven
Personnages humains
- Old hags (two figures, covens, they) : sorcières ou groupes de sorcières
- Infants : des enfants utilisés lors de sacrifices humains
- The fools (them) : les gens qui condamnent la sorcellerie
- Ye : l’auditeur
- Satan (the prince, person of the goat) : le démon souverain de l’Enfer
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Couplet 1 (0:11 à 0:37)
They journeyed far to Brocken Mountain pinnacle A gathering of dread, an awesome spectacle Each in his hand, a candle of black Their faces grave, a deathlike mask Couplet 2 (0:38 à 1:04) The prince assumed the person of the goat Reigning upon his throne distant and far remote The cauldrons boiled as the fires burned The deep'ning shadows, two figures turned Refrain (1:05 à 1:27) Bubbling pots of ungents and potions Flames revealing the obscene motions Old hags murmur in evil ranting! Voices grow louder and join in the chanting |
Pont (1:28 à 1:44)
Infants' flesh they did offer For the prince to devour Covens join, all combine Powers strong, thoughts align Couplet 3 (2:12 à 2:27) If witchcraft all the fools condemn It turns around and crushes them When good has been twisted When good has been killed Then love is resisted and blood will be spilled Couplet 4 (2:28 à 2:35) Accursed ye'll be! From toes to eyes! Accursed ye'll be! Until ye dies (Genius, « Black Sabbath », Coven) |
2) Cris ou chant produits à une forte intensité sonore
« Black Sabbath» de Black Sabbath
Des cris ou un chant produit à une forte intensité sonore est une caractéristique qui est présente dans « Black Sabbath ». Cet élément est observable dans les refrains épistrophiques de la pièce, lorsque le protagoniste est effrayé par l’être vêtu de noir et implore Dieu de le protéger. La performance vocale dans le deuxième refrain a été décrite comme possédant des caractéristiques gémissante et suppliante (Merrien 2016, 35). Du chant produit à une forte intensité sonore est également présent à la fin des vers du deuxième couplet, lorsque des accentuations d’insistance ont été utilisées. Osbourne a décrit que des hurlements sont présents dans la pièce pour évoquer le personnage de Satan (Osbourne et Ayres 2010, 160). Le chanteur, qui possède une voix nasale de ténor, émet dans la chanson une intonation possédant des caractéristiques brute et sinistre qui s’agencent parfaitement avec la nature sombre des paroles.
« Black Sabbath» de Black Sabbath
Des cris ou un chant produit à une forte intensité sonore est une caractéristique qui est présente dans « Black Sabbath ». Cet élément est observable dans les refrains épistrophiques de la pièce, lorsque le protagoniste est effrayé par l’être vêtu de noir et implore Dieu de le protéger. La performance vocale dans le deuxième refrain a été décrite comme possédant des caractéristiques gémissante et suppliante (Merrien 2016, 35). Du chant produit à une forte intensité sonore est également présent à la fin des vers du deuxième couplet, lorsque des accentuations d’insistance ont été utilisées. Osbourne a décrit que des hurlements sont présents dans la pièce pour évoquer le personnage de Satan (Osbourne et Ayres 2010, 160). Le chanteur, qui possède une voix nasale de ténor, émet dans la chanson une intonation possédant des caractéristiques brute et sinistre qui s’agencent parfaitement avec la nature sombre des paroles.
« Communication Breakdown » de Led Zeppelin
« Communication Breakdown » de Led Zeppelin
Des cris et du chant produits à une forte intensité sonore sont également présents dans la chanson « Communication Breakdown » (1969) de Led Zeppelin. Le sens de ces cris est différent de celui des cris de la chanson éponyme de Black Sabbath car les paroles de la pièce de Led Zeppelin abordent un sujet différent. La chanson « Communication Breakdown » décrit une frustration adolescente où un protagoniste a de la misère à communiquer avec sa compagne. Ne pas être sur la même longueur d’onde que cette dernière torture le personnage jusqu’à la dépression nerveuse (Guesdon et Margotin 2018, 72). Pour illustrer cette frustration, un chant possédant une intensité d’exécution élevée est utilisé de manière prévalente tout au long de la pièce. Dans cette chanson, la voix de Robert Plant a été décrite comme étant puissante et haute (Guesdon et Margotin 2018, 73). À la fin du troisième refrain, le mot « insane » est chanté selon une intensité très forte à la manière d’une accentuation d’insistance. La voix a été qualifiée à cet endroit de hurlement et de rugissement, démontrant les capacités vocales du chanteur (Guesdon et Margotin 2018, 75).
3) Accords de puissance
« Black Sabbath » de Black Sabbath
L’inspiration derrière l’utilisation d’accords de puissance
Un accord de puissance (power chord) est un type d’accord qui est constitué de deux notes. Bien que différentes configurations de notes soient possibles (Xavier 2020), un accord de puissance consiste généralement d’une note fondamentale et de sa quinte au-dessus jouées en simultané. Une répétition de la fondamentale à l’octave supérieure peut être ajoutée pour obtenir un son plus riche (Fleming 2013, 88). Les accords de puissance plutôt que les accords complets ont beaucoup été utilisés par le guitariste Tony Iommi à travers les compositions de Black Sabbath (Cope 2011, 20). La raison est que ce dernier a été obligé de modifier son jeu avant le lancement de l’album Black Sabbath. L’utilisation d’accords de puissance par le guitariste a été encouragée par un accident au cours duquel Iommi a perdu les extrémités de deux doigts lorsqu’il travaillait dans une usine (Harrison 2010, 150). Bien qu’un médecin lui ait conseillé de changer de profession, le guitariste était déterminé à continuer de jouer de son instrument malgré son handicap. Pour ce faire, il s’est fabriqué des prothèses maison et s’est mis à utiliser des cordes avec un plus petit diamètre (Iommi 2012, 22 et 26). Avoir moins de dextérité a fait en sorte que le guitariste a commencé à utiliser des accords sans tierce, qui étaient plus faciles à jouer avec sa nouvelle limitation physique (Cope 2011, 31).
La présence d’un accord de puissance dans la pièce
Un accord de puissance joué à plusieurs reprises est utilisé à la guitare électrique dans la chanson éponyme de Black Sabbath. Dans l’extrait retranscrit plus bas du début de la pièce, il est visible en position 3-5-5 sur la tablature et il est joué sur les trois cordes les plus graves de l’instrument. Cet accord de puissance composé des notes sol, ré, sol et est présent dans l’introduction instrumentale, les transitions, le solo (deuxième guitare) et la coda. Après la première partie de l’introduction qui consiste d’effets sonores, un accord de puissance est joué au tout début de l’introduction instrumentale. La sonorité percutante qui en résulte est un avant-goût du reste de la pièce. Dans cette dernière, les accords de puissance semblent avoir été utilisés comme un procédé musical qui évoque le pouvoir du diable. Au même titre que les accords de puissance procurent une sonorité grave à la musique heavy metal, ils peuvent aussi symboliser la puissance de l’ange déchu dans « Black Sabbath ».
D’autres éléments qui donnent de la « puissance » à la chanson
Les accords de puissance sont jumelés dans la pièce à d’autres procédés musicaux qui évoquent le mal. Le concept du diabolus in musica (le diable dans la musique) ou du triton a également été utilisé à la guitare (Merrien 2016, 31). Cet intervalle d’une quarte augmentée qui consiste des notes sol et do# dans la pièce sous-entend également le personnage de Satan. Cela est dû au fait que le triton était considéré à la fin du Moyen Âge comme un élément musical dérangeant et a ainsi été associé en Occident à une sonorité maléfique et inquiétante (Merrien 2016, 31). De plus, les techniques du trille et du vibrato sont utilisées à la guitare à différents moments lorsque la note do# est jouée dans la pièce. L’alternance rapide entre les notes do# et ré du trille ainsi que l’altération de la justesse de la note do# engendrée par le vibrato contribuent à donner à la pièce une sonorité dérangeante qui s’agence bien avec le thème sombre de la chanson.
« Mississippi Queen » de Mountain
« Mississippi Queen » de Mountain
La présence d’accords de puissance dans la pièce
Comme dans la chanson éponyme de Black Sabbath, des accords de puissance ont également été utilisés dans la pièce « Mississippi Queen » (1970) de Mountain. Dans cette composition du groupe américain, les accords de puissance sont présents de manière prépondérante. Ils sont joués dans les couplets, les pré-refrains et les refrains. Dans l’extrait retranscrit ci-dessous, il est possible de voir que plusieurs positions d’accords de puissance sont présentes. Il y a notamment la position 7-9-9 jouée sur les deuxième, troisième et quatrième cordes ainsi que la position 5-7-7 interprétée sur les trois plus grosses cordes de la guitare. Dans la pièce « Mississippi Queen », les accords de puissance sont joués d’une manière énergique qui donne de la vitalité à la chanson. Contrairement à la chanson « Black Sabbath », les accords de puissance dans la composition de Mountain ne sont pas utilisés comme un procédé musical qui évoque le pouvoir du diable. Nous pouvons voir dans l’extrait suivant que la pièce de Mountain comprend, comme la chanson du groupe de Birmingham, du vibrato à la guitare qui est appliqué à une note jouée seule.
4) Solo de guitare ou virtuosité
« Black Sabbath » de Black Sabbath
Dans cette pièce emblématique, le solo de guitare d’une durée de 43 secondes est joué à un tempo de 126 bpm. Ce passage technique peut être divisé en deux sous-sections. La première est jouée de manière relativement lente avec des noires, des blanches et des croches. La deuxième est plus rapide et contient des triolets de croches, des doubles croches et des croches. Comme les sections de transitions contenues dans la pièce, le solo de Iommi possède une caractéristique très énergique. Cette dernière offre un contraste avec l’ambiance glauque comprenant une énergie plus restreinte dans les couplets de la chanson. Vers la fin de la pièce, l’énergie dégagée par le solo peut symboliser ce que le diable fait subir au personnage principal. Elle pourrait suggérer que Satan emmène le protagoniste en Enfer, le dévore ou le transforme en démon.
« Communication Breakdown » de Led Zeppelin
Un solo de guitare électrique est également présent dans la chanson « Communication Breakdown » de Led Zeppelin. Ce solo de 30 secondes est joué à un tempo de 178 bpm, qui est plus rapide que celui utilisé dans la pièce « Black Sabbath ». Le passage technique à la guitare dans la composition de Led Zeppelin est interprété de manière rapide du début à la fin avec des triolets de croches, des doubles croches et des croches. Dans la pièce, il y a un chevauchement entre la fin du solo et le troisième refrain. Le passage virtuose interprété par Jimmy Page est frénétique, fait tourner des notes en boucle sur plusieurs mesures, utilise des gammes pentatoniques et génère un groove saisissant (Guesdon et Margotin 2018, 72 et 75). Bien que le solo de Page soit interprété à un tempo plus rapide que celui de Iommi, l’utilisation de triolets de croches dans le motif de notes jouées en boucle au début du solo de « Communication Breakdown » (1:24-1:30) rappelle la manière dont les triolets sont utilisés dans un motif qui se répète dans la deuxième section du solo de « Black Sabbath » (5:37-5:41).
5) Niveau de saturation élevé
Spectrogramme des différents niveaux de saturation
La figure suivante permet d’observer que plus la saturation est présente, plus les harmoniques supérieurs sont visibles dans le spectrogramme (Herbst 2017, 5).
« Black Sabbath » de Black Sabbath
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Un niveau de saturation élevé est utilisé dans la majorité des pièces du groupe anglais. Dans le livre Black Sabbath : Children of the grave, Merrien affirme que la voix d’Osbourne n’est pas le seul élément qui retient l’attention dans cette pièce. L’auteur affirme que l’instrumentation est également marquante, comme la forte saturation appliquée à la guitare, qui était quelque chose d’inédit (Merrien 2016, 40). Ce dernier parle également de la manière dont la saturation est utilisée dans le solo de la chanson. Il décrit le jeu de Iommi comme déclinant « un chapelet de distorsions aigües » lorsqu’il utilise une pédale d’effet de treble booster (Merrien 2016, 40). Dans la pièce, le niveau de saturation élevé s’ajoute au diabolus in musica et aux paroles sombres pour créer une ambiance lugubre. Dans le spectrogramme en bas de ce paragraphe réalisé à un passage instrumental (à partir de 0:47) où la guitare est prépondérante dans la chanson, il est possible de voir que les harmoniques supérieurs sont bien visibles dans l’échelle de fréquences. Cela démontre qu’un niveau de saturation élevé a été utilisé. |
« Voodoo Child (Slight Return) » de The Jimi Hendrix Experience
« Voodoo Child (Slight Return) » de The Jimi Hendrix Experience
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Le guitariste Jimi Hendrix n’a pas seulement laissé sa marque par le jeu de son instrument. Il a également révolutionné le rock grâce à sa maîtrise d’effets sonores (Fleming 2013, 163). Il est reconnu pour sa performance de 1969 au Festival de Woodstock où il a utilisé la saturation et l’effet Larsen dans son interprétation de l’hymne national américain pour simuler les sons d’explosions, de moteurs et de cris pour protester contre la guerre du Vietnam (Grimstad 2021). Hendrix a été décrit comme étant un pionnier de l’emploi de la saturation (Fleming 2013, 163). Cet effet est utilisé à la guitare électrique d’une manière marquante dans la chanson « Voodoo Child (Slight Return) » (1968) de son groupe nommé The Jimi Hendrix Experience. Le spectrogramme suivant illustre un passage instrumental de la chanson (à partir de 0:32) où la guitare occupe une place centrale. Les harmoniques supérieurs sont bien visibles dans l’échelle des fréquences et démontrent, comme pour la chanson éponyme de Black Sabbath, qu’un niveau de saturation élevé a été utilisé dans la pièce d’Hendrix.
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Interprétation
Le titre de la première chanson de heavy metal
Comme le démontrent les analyses développées précédemment, les cinq caractéristiques clés du genre heavy metal qui ont été identifiées sont déjà présentes dans des pièces lancées avant la chanson éponyme de Black Sabbath. Les paroles sombres et occultes de « Black Sabbath » de Coven, les cris et le chant produits à une forte intensité sonore dans « Communication Breakdown » de Led Zeppelin, les accords de puissance dans « Mississippi Queen » de Mountain, le solo de « Communication Breakdown » de Led Zeppelin et le niveau de saturation élevé à la guitare dans « Voodoo Child (Slight Return) » de The Jimi Hendrix Experience en sont des exemples probants. Alors que d’autres pièces du corpus de candidates présentent également des éléments clés du heavy metal, pour quelles raisons musicales la chanson éponyme de Black Sabbath peut-elle être considérée comme la première pièce de ce genre musical?
Ce statut peut être conféré à la pièce « Black Sabbath » du groupe du même nom car selon cette analyse elle serait la première à contenir l’ensemble des cinq éléments clés du genre. La chanson « Black Sabbath » marque une certaine rupture avec les autres pièces de l’époque en proposant une plus grande pesanteur sonore et des éléments plus extrêmes. Par exemple, même si le personnage de Satan est insinué dans d’autres compositions comme celle de Coven, la pièce de Black Sabbath est la seule à le désigner de son vrai nom. De même du côté des accords de puissance, le groupe anglais se distingue en liant ce procédé musical au pouvoir du diable.
De plus, la composition du groupe de Birmingham a été la première à associer de façon significative une sonorité de guitare lourde à des paroles occultes. Combinés à la pesanteur générale de la chanson, ces éléments ont contribué à donner naissance à une nouvelle sonorité et à distinguer la pièce éponyme de Black Sabbath en s’éloignant des racines blues plus présentes dans les autres chansons de la fin des années 1960 au début des années 1970 (Merrien 2016, 40). Contrairement à la majorité des chansons du corpus, la pièce éponyme de Black Sabbath s’affichait également en rupture avec le mouvement flower power de la fin des années 1960.
Le proto metal ou heavy rock
Figure 9
D’autres pièces comme « Voodoo Child (Slight Return) », « Communication Breakdown » et « Mississippi Queen » présentent une musique qui se rapproche du heavy metal en comprenant quatre des cinq caractéristiques clés du genre. C’est ce qui pourrait expliquer pourquoi des pièces lancées avant la chanson « Black Sabbath » sont parfois considérées rétrospectivement comme étant des compositions de heavy metal. En fonction de leur utilisation de caractéristiques clés de ce genre musical, les différentes pièces du corpus ont eu, comme la composition « Black Sabbath », une influence sur la naissance du heavy metal. Cependant, les chansons candidates lancées à la fin des années 1960 et au début des années 1970 pourraient être mieux décrites comme étant des pièces de proto metal, signifiant qu’elles sont des prototypes du genre plutôt que des compositions de heavy metal authentique. Les candidates pourraient également être décrites comme étant des pièces de heavy rock, une zone tampon entre le heavy metal et le hard rock. Ce dernier est considéré comme un proche parent du premier (New World Encyclopedia s. d.). Dans le diagramme compris dans la figure 9, la pièce éponyme de Black Sabbath aurait été la première chanson de la zone bleu foncé tandis que la majorité des candidates se tiendraient dans la partie centrale du diagramme.
L’héritage de la chanson « Black Sabbath »
La chanson éponyme de Black Sabbath a été mal reçue au départ. Osbourne raconte dans son autobiographie que plusieurs personnes sont sorties de la salle lorsque le groupe a interprété la pièce pour la première fois (Osbourne et Ayres 2010, 142). L’auteur Nicolas Merrien affirme également dans son livre Black Sabbath : Children of the Grave que des performances hâtives de la chanson au Star Club de Hambourg à la fin des années 1960 étaient déroutantes « pour un public peu habitué à entendre une musique aussi forte et macabre » (Merrien 2016, 35). De plus, l’album Black Sabbath n’était généralement pas apprécié par les critiques lors de son lancement (Merrien 2016, 43). Cependant, la perception de la chanson « Black Sabbath » a grandement évolué au fil du temps. Comme il a été possible de le voir au début du travail, plusieurs spécialistes et amateurs du quatrième art confèrent maintenant à la chanson une place importante dans l’histoire de la musique. Aujourd’hui, cette pièce est particulièrement appréciée par plusieurs musiciens du genre heavy metal qui reconnaissent l’influence qu’elle a eue sur le genre. Par exemple, le chanteur Rob Halford de Judas Priest a décrit la composition comme étant « the most evil track ever that's been written in metal » (Ultimate-Guitar 2015).
D’autres reconnaissent l’importance de la chanson au sein de la discographie de Black Sabbath. Le guitariste Richard Kruspe de Rammstein a choisi cette pièce comme étant sa composition préférée de la formation. Il a décrit que la première fois qu’il a entendu la pièce, il avait particulièrement aimé la sonorité sombre du diabolus in musica (Lawson 2012, 55). Plusieurs groupes ont par la suite réutilisé l’idée de débuter une chanson par un effet sonore de glas ou de tonnerre, comme on peut l’entendre dans « For Whom The Bell Tolls » (1984) de Metallica, « Raining Blood » (1986) de Slayer (McIver 2017, 22) et « Death Knell » (2010) de Ghost. La pièce « Black Sabbath » est devenue une chanson importante du canon du groupe en étant interprétée par tous ses lineups, notamment lorsque de nouveaux chanteurs ont remplacé Osbourne. Pour boucler la boucle, les membres du groupe anglais ont utilisé des effets sonores de glas, de tonnerre et de pluie à la fin de « Dear Father » (2013), la dernière chanson du dernier album de la formation (Merrien 2016, 223). En 2017, l’univers du heavy metal a perdu un géant lorsque le groupe a pris sa retraite suite à une carrière prolifique. Bien que les spécialistes et amateurs du genre ne s’entendront jamais tout à fait pour conférer à la chanson « Black Sabbath » le titre d’être la première pièce de heavy metal, son impact sur la genèse du style est indéniable.
Médiagraphie
Bienstock, Richard. « The 20 Heaviest Songs Before Black Sabbath ». Guitar World. 4 mars 2020. https://www.guitarworld.com/features/the-20-heaviest-songs-before-black-sabbath, con-
sulté le 11 décembre 2022.
Bowman, Durrell. « Heavy Metal ». The Canadian Encyclopedia, 9 septembre 2013, https://www.thecanadianencyclopedia.ca/en/article/heavy-metal-emc, consulté le 7 janvier 2025.
Chantler, Chris, Amit Sharma, Dayal Patterson, Tom Dare et Ken McIntyre. « Sympathy for the Devil ». Metal Hammer, vol. 241, mars 2013, p. 38-43.
Cope, Andrew L. « Black Sabbath and the Rise of Heavy Metal Music ». Notes, vol. 67, no. 3, 2011, p. 563-566. Project MUSE, https://doi.org/10.1353/not.2011.0031.
Dunn, Sam, Scot McFadyen et Jessica Joy Wise. Metal : A Headbanger’s Journey, 2005, DVD, Seville Picture, 2006.
Fleming, Tom. Guitare, le cours complet: Apprenez en 20 leçons faciles. Modus Vivendi, 2013.
Genius. « Black Sabbath – Black Sabbath Lyrics », Genius. 2022. https://genius.com/Black-sabbath-black-sabbath-lyrics, consulté le 23 novembre 2022.
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